Ici, il y a toujours du vent, quelle que soit la saison. Avec ses longs bras, infatigable, il brasse tout.
Il touche, il vibre, il secoue, il remue, il salit, il nettoie, il balaie.
Et moi qui ai toujours mal digéré le vent, j'essaie d'apprendre à le côtoyer sans être emportée. Sans sentir ses jambes se soulever dans les airs et disparaître.
Alors je m'habille un peu plus, même s'il commence à faire chaud. Chaussures lourdes, écharpe autour du cou.
On s'habitue à tout, dit-on.
J'essaie donc de m'habituer au vent.
J'essaie de ne pas me laisser intimider.
Parce qu'une personne qui veut vivre sans chaînes aux poignets ne peut pas être maintenue à l'intérieur par ce souffle vif qui mord tout sur son passage.
C'est un vent fait d'épines, celui-là.
On le sent qui pique le visage et qui noue les cheveux.
Mais ce matin, au téléphone, je disais à ma mère une vérité essentielle. Je lui disais que j'étais si heureuse de vivre ici. Dans ce quartier tranquille aux petites maisons colorées et aux terrasses fleuries.
Heureuse de pouvoir prendre mon vélo et d'aller à la mer chaque fois que je passe par là et de voir toute la négativité s'éloigner de moi.
Et c'est peut-être ce vent qui fait ressortir tout cela.
Pour le jeter en l'air.
Pour qu'il atteigne d'autres terres lointaines, celles que je n'ai jamais vues et que je ne connaîtrai probablement jamais.
Et qui un jour, n'importe quel jour, se verront catapulter une myriade de bonnes et de mauvaises pensées.
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