Depuis le debut des annees 1980, le probleme des sources de la croissance suscite un interet nouveau. Avec l'apparition des theories dites de la croissance endogene, il s'agit de prolonger et depasser le modele de croissance traditionnel, c'est-a-dire pour l'essentiel celui de Solow (1956). La population est ainsi souvent absente des constatations theoriques, ou apparait implicitement sous le terme "capital humain." En prolongement, notre projet est d'oeuvrer a la mise en evidence du caractere fondamental de la variable demographique dans l'analyse de la croissance economique. L'objectif de notre these est d'etudier la relation entre la demographie et la croissance economique via le comportement de fecondite des menages, d'un point de vue cliometrique pour le cas de la France aux 19e et 20e siecles. Pour cela trois outils cliometriques sont mis en place, tout d'abord une analyse de la causalite, puis une analyse de la cyclicite et enfin une analyse des chocs."
Depuis le debut des annees 1980, le probleme des sources de la croissance suscite un interet nouveau. Avec l'apparition des theories dites de la croissance endogene, il s'agit de prolonger et depasser le modele de croissance traditionnel, c'est-a-dire pour l'essentiel celui de Solow (1956). La population est ainsi souvent absente des constatations theoriques, ou apparait implicitement sous le terme "capital humain." En prolongement, notre projet est d'oeuvrer a la mise en evidence du caractere fondamental de la variable demographique dans l'analyse de la croissance economique. L'objectif de notre these est d'etudier la relation entre la demographie et la croissance economique via le comportement de fecondite des menages, d'un point de vue cliometrique pour le cas de la France aux 19e et 20e siecles. Pour cela trois outils cliometriques sont mis en place, tout d'abord une analyse de la causalite, puis une analyse de la cyclicite et enfin une analyse des chocs."
Dans le contexte concurrentiel actuel, la fidelisation des clients est probablement l'un des enjeux cle de la perennite des fournisseurs en B to B. En effet, nombreux sont les directeurs marketing et les chefs de produit a faire preuve d'une grande creativite dans les actions de prospection, mais gagner de nouveaux clients pour autant que cela soit essentiel a la croissance n'est pas une condition suffisante. Car a quoi bon chercher a developper son portefeuille de clients avec de nouveaux entrants si l'entreprise n'est pas capable de proteger et de maintenir ses acquis. L'existence d'une relation positive entre le degre de satisfaction du client et sa fidelite est un postulat sur lequel plusieurs entreprises fondent leurs strategies marketing. Les clients fidelises constituent la base sur laquelle l'entreprise pourra assurer sa croissance. A defaut elle passera son temps a la conquete permanente de nouveaux clients aussitot perdus. L'entreprise doit donc mettre en place des plans d'actions operationnels mais aussi effectuer un travail de sensibilisation des personnels de contacts qui ont tous a des niveaux differents un role a jouer dans la fidelisation des clients."
La prise en charge pre-chirurgicale des enfants porteurs de division-palatine est tres controversee en France et a l'etranger. A l'aide d'un outil de numerisation de surface, nous etudierons la direction de croissance des processus palatins de dix-sept nouveau-nes porteurs de division velo-palatine et alveolo-velo-palatine uni ou bilaterale pour lesquels une therapeutique par plaque passive pre-chirurgicale a ete mise en place: de la naissance a l'intervention chirurgicale de palatoplastie (aux environs de six mois)."
Il est rare (comme la plupart dâentre vous je suppose) que je me plonge dans la lecture des rapports commandĂ©s par les ministĂšres. Mais la publication de lâaudit de Nicole Notat, Jean-Dominique Senard et Jean-Baptiste Barfety remis le 9 mars 2018 Ă Edouard Philippe, « Lâentreprise objet dâintĂ©rĂȘt collectif » ne pouvait me laisser indiffĂ©rent.
Car (ça fait un peu prĂ©tentieux de lâĂ©crire -dĂ©solĂ© - mais il se trouve que câest vrai) le 24 mars 2016 jâavais rĂ©digĂ© une petite tribune dans le Figaro intitulĂ©e « Lâentreprise est un moyen de travail commun ».
Hier Ă 20H30, jâai donc ouvert ce fameux rapport de 123 pages. Et je dois avouer que jâai Ă©tĂ© mouchĂ© ! (Je ne lâai dâailleurs refermĂ© que bien plus tard dans la nuit). Quâest-ce quâon y lit ? Extraits :
Le profit nâest pas une fin en soi pour lâentreprise. La rentabilitĂ© nâest pas le but de lâentreprise et de lâactivitĂ© commerciales, mais un facteur limitatif. Le profit nâest ni lâexplication, ni la cause ni le mobile des dĂ©cisions et des comportements dans les affaires, mais la mise Ă lâĂ©preuve de leur validitĂ©.
En langage Davidsonien : les résultats ne sont pas une finalité / le but ultime MAIS une résultante / une conséquence du travail bien fait (les bons choix stratégiques / les bonnes personnes / les bons process / les bons outils / les bonnes décisions au quotidien).
Le paradoxe de la financiarisation. La « financiarisation » de lâentreprise, qui sâest dĂ©veloppĂ©e depuis les annĂ©es 1970, peut ĂȘtre dĂ©crite comme le fait que les entreprises doivent maximiser la valeur prĂ©sente des actions ; que la gouvernance des entreprises soit tournĂ©e vers cet objectif ; que la rĂ©munĂ©ration des cadres soit fonction de cet objectif. Si lâon considĂšre Ă la suite du chancelier ouest-allemand Helmut Schmidt que « les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'aprĂšs-demain », le profit peut ĂȘtre un horizon indĂ©passable. Cette prĂ©sentation est cependant critiquĂ©e, dans ses aspects microĂ©conomiques et macroĂ©conomiques. DĂšs lors, « le paradoxe de la financiarisation » rĂ©side dans le fait que « le taux de profit augmente, [et que] le taux dâinvestissement diminue ». En effet, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, alors que le taux de profit augmente depuis les annĂ©es 1980, le taux de croissance du stock de capital net diminue. La recherche Ă©conomique montre ainsi l'effet nĂ©gatif du court-termisme des actionnaires sur les dĂ©penses en R&D.
En langage Dav : la rĂ©flexion long terme doit lâemporter, car elle plus crĂ©atrice de valeur, que les dĂ©cisions court terme visant Ă maximiser le profit.
Si les Français sont dâaccord sur le fait que les entreprises servent Ă crĂ©er de la richesse, cette richesse dans leur esprit va uniquement aux actionnaires et aux chefs dâentreprises. Certains chercheurs voient dans cette crise de lâentreprise lâune des sources du dĂ©sengagement des salariĂ©s au travail et de lâenvie des jeunes de se mettre Ă leur compte, en crĂ©ant des startups Ă lâesprit Ă©loignĂ© des entreprises « traditionnelles ». [âŠLa mĂȘme Ă©tude montre que les trois facteurs les plus importants selon les jeunes pour le succĂšs Ă long terme dâune entreprise sont la satisfaction et le juste traitement des employĂ©s (26%), lâĂ©thique, la confiance, lâintĂ©gritĂ© et lâhonnĂȘtetĂ© (25%) et le centrage sur le besoin des clients (19%).
En langage Dav : nĂ©cessitĂ© absolue pour lâentreprise moderne de mettre lâhumain au centre, de dĂ©ployer une posture managĂ©riale profondĂ©ment respectueuse des individus, suivi dâactes probants ! La perception (le constat) dâĂ©thique, de confiance dâintĂ©gritĂ© et dâhonnĂȘtetĂ© en dĂ©coulent.
Un besoin exprimĂ© par les chefs dâentreprises. [âŠ] Ce mouvement a dĂ©marrĂ© aux Etats-Unis, oĂč plusieurs nouvelles formes juridiques de sociĂ©tĂ© ont Ă©tĂ© adoptĂ©es entre 2007 et 2013. Un statut juridique de Benefit Corporation a Ă©tĂ© créé dans lâEtat du Maryland en 2010, suivi de celui de Social Purpose Corporation en Californie en 2012 et celui de Public Benefit Corporation au Delaware en 2013. Le mouvement dâentreprises, qui compte actuellement 2.400 entreprises labellisĂ©es « Bcorp », dont 60% aux Etats-Unis, a jouĂ© un rĂŽle clef dans lâĂ©mergence de ces nouvelles formes juridiques dans ce pays. Ces rĂ©flexions rĂ©pondaient Ă des problĂšmes spĂ©cifiques aux entreprises amĂ©ricaines, Ă savoir la crainte des entreprises que la poursuite dâobjectifs sociaux et environnementaux ne les mette en contradiction avec les responsabilitĂ©s fiduciaires existant dans le droit amĂ©ricain Ă lâĂ©gard des actionnaires.
En langage Dav : voir plus bas đ
Le Code civil nâest pas coupable⊠mais ne permet pas de protĂ©ger sur la durĂ©e les engagements volontaires de certaines entreprises. [âŠ] Pourtant, contrairement Ă ce que lâon a souvent dit et Ă©crit, lâarticle 1833 du Code civil ne dispose en rien que la sociĂ©tĂ© doit avoir pour objet lâintĂ©rĂȘt exclusif des associĂ©s et encore moins que le profit doive ĂȘtre maximisĂ©. [âŠ] Lâarticle 1833 au complet â « Toute sociĂ©tĂ© doit avoir un objet licite et ĂȘtre constituĂ©e dans l'intĂ©rĂȘt commun des associĂ©s. » â nâindiquait pas un horizon limitĂ© aux associĂ©s et Ă la logique de profit, puisque les sociĂ©tĂ©s anonymes devaient faire lâobjet dâune autorisation par dĂ©cret en Conseil dâEtat jusquâen 1867, en fonction du critĂšre dâintĂ©rĂȘt public. Le Code civil a donc Ă©tĂ© ouvert dĂšs lâorigine Ă la poursuite dâintĂ©rĂȘts collectifs sous rĂ©serve de profitabilitĂ©, ou de profitabilitĂ© sous rĂ©serve dâintĂ©rĂȘts collectifs, selon le point de vue. Et il ne protĂšge pas du court-termisme. Les dirigeants peuvent rarement invoquer lâintĂ©rĂȘt social de lâentreprise pour justifier des dĂ©cisions qui vont momentanĂ©ment Ă lâencontre des intĂ©rĂȘts immĂ©diats dâune des parties prenantes, sâil en va de la prospĂ©ritĂ© et de la pĂ©rennitĂ© de lâentreprise Ă terme. Sâils sont censĂ©s gĂ©rer dans lâintĂ©rĂȘt social, les dirigeants ne semblent guĂšre avoir les moyens en pratique de sâopposer Ă des actionnaires qui leur demanderaient de maximiser la valeur actionnariale jusquâĂ mettre en pĂ©ril lâavenir de la sociĂ©tĂ©.
En langage Dav : dans le doute, mieux vaut ĂȘtre indĂ©pendant financiĂšrement et avoir les reins solides.
Suivent des recommandations, dont quelques unes que vous trouverez plus bas ...
Les références multiples du rapport à B-Corp et aux entreprises à mission ainsi que ces recommandations visant à faire évoluer les statuts des sociétés ont eu une résonance toute particuliÚre pour nous.
En effet aprĂšs 13 ans passĂ©s Ă travailler sur le bien-ĂȘtre en entreprise et lâexpĂ©rimentation de pratiques et postures managĂ©riales « diffĂ©rentes », nous avons pensĂ© quâil Ă©tait temps pour Davidson de se "dĂ©centrer". Notre premier objectif atteint et consolidĂ© (crĂ©er un outil de travail commun efficace, basĂ© sur un beau collectif) nous avons choisi dâen ajouter deux autres qui sâinscrivent totalement dans la trajectoire dessinĂ©e par « Lâentreprise objet dâintĂ©rĂȘt collectif » :
Une action environnementale et écologique
Des initiatives sociétales
Câest pourquoi nous avons choisi de candidater au statut de B-corp et dâĂȘtre auditĂ©s pour cela sur des critĂšres supplĂ©mentaires Ă ceux de Great Place to Work, et orientĂ© autour de ces 2 objectifs.
A ce titre donc, de multiples chantiers vont ĂȘtre initiĂ©s tout au long de lâannĂ©e 2018, car nous sommes dâores et dĂ©jĂ convaincus que nous pouvons et devons faire mieux sur ces questions. Notamment :
Refondation de nos statuts
Réorientation de notre politique achats (avec une surpondération des critÚres environnementaux et sociétaux)
Soutien concret (pas uniquement financier) Ă des associations et fondations ciblĂ©es (AFM, Fondation des femmes, Associations de soutien Ă la rĂ©insertion sur le marchĂ© de lâemploi, etc.)
Etc.
Car la question quâon devrait tous se poser finalement câest : A qui appartient une entreprise ? Ses fondateurs ? ses actionnaires ? ses salariĂ©s ?
Une partie de la réponse réside dans la définition du verbe :
Appartenir : ĂȘtre la propriĂ©tĂ© de quelquâun, soit de fait, soit de droit !
Prenons lâexemple dâune entreprise dont les actions sont dĂ©tenues par ses fondateurs :
Nul ne contestera que ces actions leurs appartiennent de DROIT et que la prise de risque initiale des crĂ©ateurs dâentreprises (« je quitte mon job, dĂ©couvre pĂŽle emploi en mode crĂ©ateur dâentreprise, et donne le maximum pour que ça marche, avec un risque personnel significatif car je serai trĂšs solidaire (financiĂšrement, socialement, psychologiquement) de lâĂ©chec du projet ») justifie du versement dâun salaire convenable et de dividendes raisonnables.
Mais malheureusement il mâest arrivĂ© (plus dâune fois) de rencontrer des patrons de PMEs (disons de sociĂ©tĂ©s employant 20 Ă 1000 salariĂ©s) qui semblaient considĂ©rer quâil Ă©tait parfaitement justifiĂ© de « flusher » leur boĂźte ⊠câest-Ă -dire de se verser le maximum de salaire, frais et dividendes (freinant dâailleurs lâinvestissement) « simplement » parce que câĂ©tait « leur » boĂźte, leur «prise de risque », leurs « insomnies », etc.
Cette espĂšce « dâentrepreneurs » (de preneurs đ ?) oublie prĂ©cisĂ©ment que leur sociĂ©tĂ© appartient aussi DE FAIT Ă lâensemble des collaborateurs, et notamment ceux qui ont transpirĂ© / stressĂ© / phosphorĂ© pour quâelle se dĂ©veloppe efficacement.
Reste alors je pense une question cruciale que nâĂ©voque pas ce rapport :
Comment garantir lâintĂ©rĂȘt collectif en interdisant les comportements individualistes des actionnaires ? quelles bornes ne peuvent-ils pas dĂ©passer ? un exemple parmi dâautres : jusquâĂ quel point est-il raisonnable dâemprunter pour verser des dividendes ? etc.
Bref comment gĂ©rer (avec le bon dosage libertĂ© / encadrement) lâallocation des rĂ©sultats aux : actionnaires / investissements (R&D, outil productif) / salariĂ©s / fournisseurs ?
Comme toujours je suis preneur de vos avis sur le sujet (si vous avez eu le courage de me lire jusquâau bout đ).
Bertrand
Recommandations :
Recommandation n°1 : ajouter un second alinĂ©a Ă lâarticle 1833 du Code civil : « [âŠ] La sociĂ©tĂ© doit ĂȘtre gĂ©rĂ©e dans son intĂ©rĂȘt propre, en considĂ©rant les enjeux sociaux et environnementaux de son activitĂ©. » La rĂ©fĂ©rence Ă lâintĂ©rĂȘt propre clarifie les interprĂ©tations de lâintĂ©rĂȘt social : il ne peut se rĂ©duire aux intĂ©rĂȘts particuliers des associĂ©s.
Recommandation n°2 : confier aux conseils dâadministration et de surveillance la formulation dâune « raison dâĂȘtre » visant Ă guider la stratĂ©gie de lâentreprise en considĂ©ration de ses enjeux sociaux et environnementaux. [âŠ] Une stratĂ©gie vise une performance financiĂšre mais ne peut sây limiter. La notion de raison dâĂȘtre constitue en fait un retour de lâobjet social au sens premier du terme, celui des dĂ©buts de la sociĂ©tĂ© anonyme, quand cet objet Ă©tait dâintĂ©rĂȘt public. De mĂȘme quâelle est dotĂ©e dâune volontĂ© propre et dâun intĂ©rĂȘt propre distinct de celui de ses associĂ©s, lâentreprise a une raison dâĂȘtre.
Recommandation n°3 : accompagner le dĂ©veloppement de labels RSE sectoriels et de faire de la RSE un outil de renforcement du dialogue social dans les branches professionnelles. De nombreuses PME souhaitent sâengager en matiĂšre de RSE, et demandent parfois une voie Ă suivre. Les bonnes pratiques et leur mesure variant considĂ©rablement dâun secteur Ă lâautre, le dialogue social dans les branches et les labels sectoriels constituent une voie Ă la fois rĂ©aliste, crĂ©dible et valorisante.
Recommandation n°6 : renforcer le nombre des administrateurs salariĂ©s dans les conseils dâadministration ou de surveillance de plus de 1000 salariĂ©s partir de 2019, Ă deux salariĂ©s Ă partir de 8 administrateurs non-salariĂ©s et trois salariĂ©s Ă partir de 13 administrateurs non-salariĂ©s.Les salariĂ©s dans ces conseils apportent une contribution prĂ©cieuse par leur comprĂ©hension de lâintĂ©rieur, leur connaissance des mĂ©tiers, de lâhistoire de lâentreprise et par leur attachement Ă sa continuitĂ©.
Recommandation n°9 : engager une Ă©tude sur le comportement responsable de lâactionnaire, dans la continuitĂ© de la rĂ©flexion enclenchĂ©e sur lâentreprise. Il nây a pas dâentreprise responsable sans investisseur responsable. Le rapport du groupe de travail europĂ©en sur la finance durable ouvre des pistes intĂ©ressantes. Dans la continuitĂ© de la rĂ©flexion sur lâentreprise, une Ă©tude pourrait Ă©galement ĂȘtre lancĂ©e sur le rĂŽle de lâactionnaire et certaines pratiques, comme le prĂȘt dâactions.
Recommandation n°10 : engager une Ă©tude concertĂ©e sur les conditions auxquelles les normes comptables doivent rĂ©pondre pour servir lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral et la considĂ©ration des enjeux sociaux et environnementaux. Toute comprĂ©hension de lâentreprise passe par sa comptabilitĂ©. Or les enjeux sociaux et environnementaux qui doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©s, en sont absents.
Recommandation n°11 : confirmer Ă lâarticle 1835 du Code civil la possibilitĂ© de faire figurer une « raison dâĂȘtre » dans les statuts dâune sociĂ©tĂ©, quelle que soit sa forme juridique, notamment pour permettre les entreprises Ă mission.
Recommandation n°12 : reconnaĂźtre dans la loi lâentreprise Ă mission, accessible Ă toutes les formes juridiques de sociĂ©tĂ©, Ă la condition de remplir quatre critĂšres. 1. Lâinscription de la raison dâĂȘtre de lâentreprise dans ses statuts 2. Lâexistence dâun comitĂ© dâimpact dotĂ© de moyens, Ă©ventuellement composĂ© de parties prenantes 3. La mesure par un tiers et la reddition publique par les organes de gouvernance du respect de la raison dâĂȘtre inscrite dans les statuts 4. La publication dâune dĂ©claration de performance extra-financiĂšre comme les sociĂ©tĂ©s de plus de 500 salariĂ©s.
Recommandation n°13 : envisager la crĂ©ation dâun acteur europĂ©en de labellisation, adaptĂ© aux spĂ©cificitĂ©s du continent europĂ©en, pour labelliser les entreprises Ă mission europĂ©ennes. LâĂ©laboration des normes est un Ă©lĂ©ment de soft power. Dans le cadre des rĂ©flexions sur lâinfluence normative, la France et lâEurope doivent dĂ©velopper leur propre vision et leurs propres normes de droit souple devant guider les entreprises Ă mission en Europe.
Recommandation n°14 : assouplir la dĂ©tention de parts sociales majoritaires par les fondations, sans en dĂ©naturer lâesprit, et envisager la crĂ©ation de fonds de transmission et de pĂ©rennisation des entreprises.
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Vers une Conceptualisation de la Croissance Ăconomique du SĂ©nĂ©gal
Publié le 13 décembre 2014
Amar Fall
Amar Fall
Analyste-Conseilller en Développement Organisationnel / Organizational Development Consultant
68 articles
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Si aujourdâhui le pays peine Ă dĂ©coller câest par ce quâil y un ensemble de paramĂštres, de rĂšgles tacites, de dictas et dâaccords qui bloquent notre croissance. Et selon dâimminents Ă©conomistes, pour amĂ©liorer la situation Ă©conomique dâun pays il faut conceptualiser la vision de la croissance.
Le processus de conceptualisation nâest pas une mince affaire. Et malheureusement depuis les annĂ©es 60 les diffĂ©rents rĂ©gimes qui se sont succĂ©dĂ©s avaient du mal Ă faire cette exercice. Nous sommes dâaccord que si un tel processus est bien conceptualisĂ©, sa planification, sa mise sur orbite, son systĂšme dâĂ©valuation et sa mise Ă jour seront opĂ©rants.
Ă lâĂ©tat actuel du pays, nous ne devons pas en prendre au PrĂ©sident Macky Sall, qui a trouvĂ© une situation difficile et qui est pressĂ© de livrer pour satisfaire la demande sociale. Dâailleurs câest cet empressement qui le pousse actuellement Ă prendre des mesures sociales qui sont loin dâĂȘtre efficaces. Son Ă©lection est lâeffet direct de lâentĂȘtement de lâancien prĂ©sident Ă vouloir faire partie vaille que vaille Ă la course.Le PrĂ©sident Sall nâavait pas eu le temps de peaufiner une stratĂ©gie de croissance qui lâaurait permis de dĂ©rouler son action gouvernementale dĂšs les premiĂšres jours de la nomination. Jâen veux pour preuve le fait quâil soit restĂ© six mois avant dâentrer au Palais fut une erreur monumentale car pendant tout ce temps il nâavait pas habitĂ© la fonction de Chef de lâĂtat. Vous me direz que câest un dĂ©tail mais du point du vue managĂ©rial et stratĂ©gique il faut toujours intĂ©grer une fonction avant de lâexercer.
Cela me pousse Ă demander aujourdâhui quelles sont les personnes qui conseillent notre PrĂ©sident de la RĂ©publique? Il nâest pas nĂ©cessaire de rappeler lâimpact que ces derniers peuvent avoir sur la marche du pays et sur la gouvernance de nos institutions. Comment ces derniers sont choisie? Qui Ă©valuent leur actionâŠ?
Nous savons trĂšs bien que la qualitĂ© des conseillers de notre chef de lâĂtat est souvent remise en cause et ceux pour deux principales raisons: de peur de perdre leur avantages ils conseillent dans le sens de plaire au chef; ce qui est inacceptable car un conseiller doit ĂȘtre dâabord Ă lâabri du besoin et ĂȘtre intellectuellement apte Ă produire des schĂ©mas dĂ©cisionnels avec des options de solutions biens Ă©tudiĂ©es tout en laissant au chef le loisir de prendre lâoption qui lui semble ĂȘtre pertinente.
Malheureusement force est de reconnaĂźtre que leur dĂ©signation doit ĂȘtre beaucoup rigoureuse. DâoĂč lâurgence de changer de cap en rĂ©visant nos modĂšles de croissance.
Nous devons repenser notre modĂšle de dĂ©veloppement en mettant en place des structures indĂ©pendantes de lâexĂ©cutif et parfaitement autonomes pour assurer la bonne mise sur orbite de la stratĂ©gie de croissance.
En plus du modĂšle, il est nĂ©cessaire dâadopter une mĂ©thodologie, en simplifiant les processus dâaffaires et les systĂšmes de production de services publics.
Ă ce niveau, je pense quâil reste beaucoup Ă faire et câest dommage quâĂ lâheure du cloud computing, Ă lâheure de la tĂ©lĂ©phonie en ligne, le SĂ©nĂ©gal dĂ©pense encore des milliards de fcfa pour les tĂ©lĂ©communications. Ă lâheure de la gestion stratĂ©gique axĂ©e sur les cibles de performance, notre pays peine encore Ă mettre en place un cadre de dâadminsitration des affaires publiques ayant pour finalitĂ© lâamĂ©lioration des conditions de vie des sĂ©nĂ©galaises et des sĂ©nĂ©galais.
La prĂ©paration de la relĂšve et de notre Ă©lite reste encore problĂ©matique et cela doit ĂȘtre corrigĂ© le plus rapidement si nous dĂ©sirons rĂ©ellement ĂȘtre dans le groupe des pays dits en croissance. Je mâĂ©vite de parler dâĂ©mergence car je nâai pas encore vu des prĂ©alables qui peuvent encadrer une situation de progrĂšs Ă©conomique.
Le changement de cap est de plus en plus une urgence nationale et mĂȘme une demande sociale car nous ne pouvons plus accepter que le gap qui existe entre le sommet de lâĂtat et le bas du pays agrandit de jour en jour. 80% de la richesse nationale est entre les mains de moins de 5% de la population. Une dette publique qui dĂ©passe largement le budget de fonctionnement du pays est inacceptable. Et si nous ne faisons rien, il est clair que ce nâest pas en 2035 que le SĂ©nĂ©gal va changer de classe Ă©conomique. Nous serons toujours confiner Ă voyager en classe Ă©conomique sachant quâil y a des possibilitĂ©s dâĂȘtre en affaire.
Le changement de cap demande des profondes mutations. Il fait appel aussi Ă la volontĂ© du peuple Ă qui le dernier mot revient. Il nous appartient de bien choisir les personnes qui ont le sens du devoir et du service public. Des personnes qui ont Ă coeur lâamĂ©lioration des conditions de vie de chaque sĂ©nĂ©galaise et de chaque sĂ©nĂ©galais. Et cela, je regrette ne passe pas par des bourses familiales ou des billets pour aller Ă la mecque. Avec une bonne conceptualisation de la croissance et une modĂ©lisation de notre systĂšme institutionnel avec lâĂ©thique et la compĂ©tence comme cheval de bataille, notre pays sera prĂȘt Ă mettre sur orbite les fondementaux, les balises, la pierre angulaire dâune stratĂ©gie de croissance soutenue et durable. Selon vous, sommes-nous sur le bon chemin?
Nous lâavons dit et redit, tant que les corps de contrĂŽle du pays ne sont pas regroupĂ©s en une seule entitĂ©. Tant que le ministĂšre de la justice sera Ă cheval entre lâexĂ©cutif et le judiciaire. Tant que le systĂšme dâĂ©lection des parlementaires reste tel quâil est. Tant que les fonds secrets continueront dâĂ©chapper aux opĂ©rations de vĂ©rification. Tant que le Chef de lâ Ătat est vu comme Ă©tant un intouchable. Tant que notre croissance sera basĂ©e sur la France et lâaide au dĂ©veloppement etc lâĂ©mergence en 2035 sera une utopie.
Il est temps de changer de cap.
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LâIA cette guerre de trop que lâEurope pourrait bien perdre.
Publié le 5 avril 2018
Steve Moradel
Steve Moradel
Innovation Strategist l Investor l Guest Speaker l Independant Board Member l Venture Capitalist l Cofounder@Bemersive
" Toute technologie suffisamment avancĂ©e est indiscernable de la magie" â Arthur C. Clarke
QualifiĂ©e de nouvelle Ă©lectricitĂ© par le chercheur amĂ©ricain Andrew Ng, l'intelligence artificielle nâa cessĂ© dâĂ©voluer ces derniĂšres annĂ©es grĂące notamment au dĂ©veloppement des NTIC et Ă lâaugmentation des puissances de calcul nĂ©cessaires Ă lâapprentissage des machines. PopularisĂ©e par les premiers travaux du mathĂ©maticien Alan Turing dans les annĂ©es 50, lâintelligence artificielle fascine autant quâelle inquiĂšte. Si elle est souvent Ă©voquĂ©e dans le contexte dâĂ©volutions positives, lâIA suscite un certain nombre de craintes notamment quant Ă l'utilisation des donnĂ©es personnelles ou encore Ă la crĂ©ation dâune super-intelligence artificielle. Nos rĂ©fĂ©rences culturelles contemporaines â de la cĂ©lĂšbre trilogie robotique d'Asimov en passant par l'OdyssĂ©e de l'espace â ne sont sans doute pas Ă©trangĂšres Ă l'exacerbation de cette mĂ©fiance. Pourtant l'intelligence artificielle nâest que le symptĂŽme de lâaccĂ©lĂ©ration du progrĂšs technologique, elle rentre chaque jour un peu plus dans notre quotidien par lâintermĂ©diaire des assistants virtuels, des voitures intelligentes, ou encore des objets connectĂ©s. VĂ©ritable prouesse technologique l'IA est dĂ©sormais capable d'apprendre une nouvelle langue sans faire appel Ă un dictionnaire existant, de reconnaĂźtre des visages, de poser un diagnostic en parallĂšle de celui d'un praticien ou de conduire une voiture sans intervention humaine.
Longtemps restĂ©e l'affaire de spĂ©cialistes, lâIA est dĂ©sormais un dĂ©fi pour toutes les nations car elle reprĂ©sente plus que jamais un enjeu politique et diplomatique. En France Emmanuel Macron semble avoir compris que lâIA Ă©tait sur le point de secouer toutes les fondations de nos sociĂ©tĂ©s contemporaines.
C'est dans le cadre de la journĂ©e de confĂ©rences au collĂšge de France que le PrĂ©sident de la RĂ©publique Emmanuel Macron a annoncĂ© un investissement d'1,5 milliard d'euros pour le dĂ©veloppement de l'intelligence artificielle en France d'ici 2022. La veille, le dĂ©putĂ© CĂ©dric Villani rendait un rapport de 235 pages sur l'intelligence artificielle commandĂ© par le premier ministre Edouard Philippe. Ce rapport riche en prĂ©conisations et pistes Ă suivre met l'accent sur le dĂ©veloppement de la recherche, les transports-mobilitĂ©, l'accessibilitĂ© aux donnĂ©es, l'Ă©thique, l'Ă©cologie, la santĂ© ou encore la dĂ©fense. Si les propositions Ă©manant de ce rapport nâont pas Ă©tĂ© chiffrĂ©es, le montant de lâinvestissement global â 1,5 milliard dâeuros â annoncĂ© par Emmanuel Macron a de quoi dĂ©cevoir. A titre de comparaison la sociĂ©tĂ© Alibaba annonçait il y a quelques mois lâinvestissement de 15 milliards de dollars (12,7 milliards d'euros) pour crĂ©er huit centres de recherche et dĂ©veloppement dĂ©diĂ©s Ă l'intelligence artificielle (IA), l'informatique quantique et la fintech⊠Au regard des enjeux les investissements annoncĂ©s paraissent modestes et devront sâinscrire dans stratĂ©gie europĂ©enne d'investissement pour faire face au duopole amĂ©ricano-chinois.
UNE EUROPE SANS VISION
LâEurope est dramatiquement en retard pour ne pas dire absente dans le domaine de lâintelligence artificielle. La bataille des donnĂ©es est menĂ©e par des entreprises amĂ©ricaines et chinoises et on peine Ă voir se dessiner une stratĂ©gie qui pourrait changer la donne. Depuis trente ans, avec la complicitĂ© tacite de la plupart des Ătats, Bruxelles a systĂ©matiquement bloquĂ© tout projet visant Ă crĂ©er des champions europĂ©ens. L'absence d'une place boursiĂšre technologique europĂ©enne, le peu de fonds d'investissements spĂ©cialisĂ©s, l'Ă©troitesse des marchĂ©s domestiques ou encore les lacunes de la chaĂźne de financements Ă destination des Startup sont autant d'Ă©lĂ©ments qui ont rendu impossible l'Ă©mergence d'un Amazon europĂ©en. Certaines initiatives ont bien Ă©tĂ© envisagĂ©es comme celle de crĂ©er un Netflix europĂ©en. Ce projet prĂ©voyait une alliance stratĂ©gique entre Vivendi et Mediaset Ă travers leurs plateformes de SVOD Canalplay, Watchever et Infinity. Mais les dĂ©boires de Vivendi en Italie auront eu raison de ce projet. La crĂ©ation d'un Netflix français avait Ă©galement Ă©tĂ© envisagĂ©e entre Orange, M6, TF1 et France tĂ©lĂ©vision mais ce projet avait lui aussi Ă©tĂ© abonnĂ© en raison de dĂ©saccords sur le modĂšle Ă©conomique. Pendant qu'en Europe nous rĂȘvons le monde du numĂ©rique de demain ailleurs d'autres le font et bĂątissent des gĂ©ants comme Netflix dont le bĂ©nĂ©fice net Ă triplĂ© en 2017 et la capitalisation boursiĂšre dĂ©passĂ©e la barre symbolique des 100 milliards de dollars...
LA FRANCE DES TALENTS ET DES OCCASIONS RATĂES
La France compterait quelques 180 start-up liĂ©es Ă lâIA, et les sommes investies dans les jeunes pousses françaises ont atteint 118 millions dâeuros en 2016, selon les fonds dâinvestissement. Sur le territoire on recense prĂšs de 70 laboratoires de recherche publiques, douze Ă©coles dâingĂ©nieurs ayant des programmes dĂ©diĂ©s au Machine Learning, et cinq universitĂ©s se plaçant parmi les meilleurs en mathĂ©matiques dans le monde (1). Les principaux organismes de recherche publique en intelligence artificielle , le CNRS, l'INRIA le CEA et les diffĂ©rentes universitĂ©s et grandes Ă©coles produisent des travaux Ă visibilitĂ© internationale. La France dispose donc d'importants atouts Ă faire valoir, riches de la compĂ©tence de ses enseignants, de ses chercheurs et de ses Ă©tudiants, mais la communautĂ© française de l'intelligence artificielle est encore insuffisamment organisĂ©e, connue visible et financĂ©e. L'excellence française est incontestable â le dĂ©part de Yann LeCun chez Facebook â en est une des illustrations les plus marquantes mais elle Ă©galement le symbole de la fuite de nos talents et de l'incapacitĂ© que nous avons Ă garder nos meilleurs Ă©lĂ©ments. Il en va de mĂȘme pour les start-up qui quand elles ne sont pas rachetĂ©es par des mastodontes Ă©trangers Ă l'image d'Aldebaran, absorbĂ© par le japonais SoftBank, ont pour seul horizon la Bourse de New York faute d'alternative de cotation Ă la hauteur de leurs ambitions.
Par manque d'audace, de réalisme et parfois d'accompagnement nous passons à cÎté de formidables opportunités l'exemple d'OVH témoigne à lui seul de la méconnaissance et de la déconnexion de nos politiques. Alors qu'OVH est la seule entreprise européenne du cloud capable de rivaliser à terme avec Amazon, Google, Microsoft ou encore Beijing Sinnet Technology, l'Etat a dépensé des millions d'euros non pas pour accélérer la croissance d'OVH mais pour lui créer deux concurrents: Cloudwatt et Numergy dans l'espoir de bùtir un "Cloud souverain".... Si l'idée n'était pas dénuée de sens il est assez invraisemblable d'avoir fait naitre deux projets concurrents alors que des solutions fiables existaient déjà . Ce projet aux choix stratégiques discutables se soldera par un échec retentissant. Alors que la course à l'intelligence artificielle se joue en partie sur les activités du nuage il y a de quoi s'interroger sur la vision de l'état stratÚge.
"Pendant quâen Europe nous rĂȘvons le monde du numĂ©rique de demain ailleurs dâautres le font et bĂątissent des gĂ©ants comme Netflix dont le bĂ©nĂ©fice net Ă triplĂ© en 2017 et la capitalisation boursiĂšre dĂ©passĂ©e la barre symbolique des 100 milliards de dollars..."
LES GAFAM ET IBM Ă lâASSAULT DE lâIA
Ces derniĂšres annĂ©es les gĂ©ants amĂ©ricains du numĂ©rique ont rachetĂ© des start-up Ă tour de bras pour tenter de garder leur position dominante dans le domaine de l'IA. Sur la premiĂšre place du podium on retrouve Google qui semble avoir fait de l'Intelligence artificielle sa prioritĂ©. Ainsi les start-up DeepMind,Vision Factory, Jetpac, DNNResearch, Moodstocks, Api.ai, Dark Blue Labs viennent rejoindre la galaxie Google. Apple et Amazon tentent quant Ă eux de suivre la cadence imposĂ©e par Google. Conscient des limites de son assistant vocal « Siri » Apple compte le faire Ă©voluer notamment grĂące Ă aux acquisitions de Perceptio et VocallQ. On peut Ă©galement noter le rachat RealFace spĂ©cialisĂ©e dans la reconnaissance vocale ou encore Turi, Perceptio et Tupplejump spĂ©cialisĂ©es quant Ă elles dans le machine Learning. Facebook Ă de son cĂŽtĂ© mis la main sur face.com, spĂ©cialiste de la reconnaissance faciale, JibbiGo de la reconnaissance vocale,Wit.ai un traducteur automatique Ă partir de la voix, ou encore MSQRD qui permet dâajouter des filtres sur les selfies vidĂ©o en temps rĂ©el. Amazon et Microsoft sont plus en retrait avec les rachats et d'Orbeus et Swifkey.
Mais câest bien IBM qui pourrait tirer son Ă©pingle du jeu avec sa montagne de brevets dĂ©diĂ©s Ă lâAI : 1400 en 2017. En ligne de mire les marchĂ©s convoitĂ©s de la voiture autonome et des drones. Son systĂšme de cognitive computing "Watson" capable de comprendre les questions posĂ©es dans huit langue, est sans doute un des tout meilleurs au monde et lui confĂšre une avance indĂ©niable dans la course Ă lâIA. Enfin IBM a dĂ©jĂ investi plus de quatre milliards de dollars pour acquĂ©rir des start-up dont la pĂ©pite Truven Health Analytics (2,6 milliards de dollars) spĂ©cialisĂ©e dans les donnĂ©es mĂ©dicales.
QUAND L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE SE LEVE Ă L'EST
Dans sa rĂ©cente Ă©tude Sizing the price le cabinet de conseil et d'audit PWC prĂ©dit que le PIB mondial pourrait croitre de 14% d'ici 2030 grĂące Ă l'IA. Les Etats-Unis et la Chine pourraient en ĂȘtre les principaux bĂ©nĂ©ficiaires avec un gain de PIB de respectivement de 26% et 14,5% Ă l'horizon 2030, soit 10 700 milliards de dollars au total et 70% des retombĂ©es Ă©conomiques Ă l'Ă©chelle de la planĂšte. Bien que les Etats-Unis restent les principaux pourvoyeurs de start-up dans l'IA et possĂšdent plus de brevets que les autres pays, selon un rapport de la maison blanche publiĂ© en 2016 la Chine a pour la premiĂšre fois dĂ©passĂ©e les Etats-unis en nombre dâarticles scientifiques publiĂ©s sur le deep learning et ce n'est pas rien!
En 2017, 15,2 milliards de dollars ont Ă©tĂ© investis dans les start-up dans le secteur de lâintelligence artificielle. Pour la premiĂšre fois, la Chine a dĂ©passĂ© les Etats-Unis en termes de financement. En juillet dernier, PĂ©kin rendait public un plan de dĂ©veloppement national de lâIA, visant Ă faire passer son poids Ă©conomique de plus de 150 milliards de yuans (22,15 milliards de dollars) Ă lâhorizon 2020 Ă 400 milliards de yuans (59,07 milliards de dollars) dâici Ă 2025.
Pour devenir une "IA Nation" quatre conditions doivent ĂȘtre rĂ©unies : Avoir un gigantesque parc de donnĂ©es, possĂ©der une puissance de calcul informatique, avoir les meilleurs chercheurs et experts en mathĂ©matique, en langage et traduction et enfin le nerf de la guerre : le capital. A la lumiĂšre de ces Ă©lĂ©ments il trĂšs facile de comprendre comment la Chine devrait devenir dans les annĂ©es Ă venir le leader mondial de lâintelligence artificielle. Avec 730 millions dâutilisateurs dâinternet â soit plus de la moitiĂ© de tous les internautes du globe â la Chine est de trĂšs loin le pays qui dispose du plus grand parc de DATA.
Si les Etats-Unis possĂšdent les GAFA ( Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) et autres NATU ( Netflix, Airbnb, Tesla, Uber) les chinois ne sont pas en reste avec les BATX Baidu (premier moteur de recherche utilisĂ© en Chine), Tencent (gĂ©ant du jeu vidĂ©o et des rĂ©seaux sociaux) ou encore Xiami (le apple local). Mais c'est bien la sociĂ©tĂ© Alibaba qui symbolise la toute puissance chinoise dans le domaine du numĂ©rique. Ces quelques chiffres qui donnent le tournis permettent de prendre la mesure du phĂ©nomĂšne. Le 11 Novembre dernier lors de la "fĂȘte des cĂ©libataires" cĂ©lĂ©brĂ©e en Chine le site Alibaba a rĂ©alisĂ© un chiffre d'affaire de 24 milliards de dollars en ... 24h seulement soit l'Ă©quivalent du PIB de l'Honduras (1). Deux minutes c'est le temps qu'il a fallu au gĂ©ant chinois pour atteindre son premier milliard d'euro de chiffre d'affaires. L'iconique fondateur d'Alibaba â Jack Ma â prĂ©dit que son entreprise pourrait d'ici 20 ans gĂ©nĂ©rer un volume d'affaires supĂ©rieur au PIB... de la France!
Le gĂ©ant chinois Tencent â qui a rĂ©cemment dĂ©trĂŽnĂ© Facebook avec une capitalisation boursiĂšre de 520 milliards de dollars â revendique quant Ă lui 783 millions dâutilisateurs uniques par mois (en fin dâannĂ©e 2017) grĂące sa messagerie instantanĂ©e QQ, et Ă atteint la barre symbolique du milliard de comptes Ă travers le monde avec 989 millions dâutilisateurs uniques par mois via sa lâapplication Ă tout faire WeChat (2). De son cĂŽtĂ© Alibaba â l'autre gĂ©ant chinois et champion de la R&D avec un budget de 2,6 milliards de dollars pour 2017 â a lancĂ© en 2016 son propre programme d'IA appelĂ© âCity Brainâ un service de surveillance basĂ© sur la reconnaissance vidĂ©o installĂ© dans la ville de Hangzhou. Cet outil qui utilise la reconnaissance de vidĂ©o est capable de rĂ©colter les donnĂ©es des habitants (achats, dĂ©placements, ) analyser leurs comportements ( vols, infractions routiĂšres, dĂ©lits...) et optimiser le trafic routier en temps rĂ©el. Selon Alibaba ce service aurait permis de rĂ©duire considĂ©rablement le nombres de dĂ©lits et d'accidents de voitures.
Rien ne semble en mesure de freiner la fulgurante ascension de la Chine, les licornes dédiées à l'intelligence artificielle se font chaque année plus nombreuses , parmi elles : iFlytek ( assistant vocal), Megvii Technology (reconnaissance faciale), Toutiao ( deep learning) ou encore Sensetime (systÚme de sécurité).
Le 11 Novembre dernier lors de la "fĂȘte des cĂ©libataires" cĂ©lĂ©brĂ©e en Chine le site Alibaba a rĂ©alisĂ© un chiffre d'affaire de milliards de dollars en ... 24h seulement soit l'Ă©quivalent du PIB de l'Honduras
La Data cet autre pétrole
On le sait le vrai pouvoir est dans les plateformes numĂ©riques maitrisant lâIA et les donnĂ©es constituent quant Ă elles le « carburant » - complĂ©mentaires aux algorithmes. La Chine a su efficacement protĂ©ger sa principale matiĂšre premiĂšre " la Data" en appliquant un protectionnisme agressif qui a su favoriser les entreprises nationales. Les subventions massives de l'Ă©tat aux gĂ©ants du web , lâobligation de crĂ©er une joint-venture pour pĂ©nĂ©trer le marchĂ© â avec pour consĂ©quence de cĂ©der au passage tout ou partie de son savoir-faire et de sa technologie â sont autant dâatouts qui ont permis lâĂ©mergence des BATX dĂ©sormais presque aussi puissants que les GAFA. En quinze ans les chinois ont bĂąti un empire quand dans le mĂȘme temps les europĂ©ens subissaient une colonisation numĂ©rique des GAFA et autres NATU autorisant sans la moindre condition l'extraction, le raffinage et l'exploitation de leurs donnĂ©es...
CONSTRUIRE L'EADS DE L'IA
MĂȘme si la France compte parmi les plus Startup les plus prometteuses dans lâIA Ă lâimage Algolia, Sophia Genetics ou encore Shift Technology pour ne citer quâelles, il est peu probable de voir Ă©merger ces prochaines annĂ©es un GAFA ou mĂȘme un TITAN europĂ©ens de l'intelligence artificielle pour les raisons prĂ©cĂ©demment Ă©voquĂ©es. Il ne sâagit donc plus de plaider pour lâavĂšnement dâun Amazon europĂ©en mais de crĂ©er les conditions dâune Europe forte le domaine du numĂ©rique et particuliĂšrement dans lâIA et garantir ainsi la souverainetĂ© des donnĂ©es des quelques 650 millions dâutilisateurs dâinternet en Europe.
Et si lâEurope Ă©tait confrontĂ©e Ă son plus grand dĂ©fi ?
On le sait les guerres de demain â Ă©conomiques et militaires â seront des guerres « intelligentes » dans lesquelles lâIA aura un rĂŽle prĂ©pondĂ©rant. Forte de son leadership en Europe la France peut impulser un projet Ă la hauteur de lâenjeu : Un EADS de LâIA. Elle possĂšde deux avantages non nĂ©gligeables et indispensables pour prendre la tĂȘte dâune telle initiative. Elle est depuis le Brexit la seule puissance militaire en Europe et l'avĂšnement d'un nouvel Ă©cosystĂšme Tech français â voulu et impulsĂ© par Emmanuel Macron â fait dâelle une puissance numĂ©rique en Europe. Seule la conjonction de plusieurs facteurs permettrait Ă lâEurope de revenir dans la course : la convergence des savoir-faire dâexcellence ; des dirigeants visionnaires, des investissements Ă la hauteur de lâenjeu et une rĂ©elle volontĂ© politique. Il sâagit de penser lâIA comme fut pensĂ© autrefois l'industrie europĂ©enne de l'aviation commerciale. Une coopĂ©ration bĂątĂźt sur accord intergouvernemental entre plusieurs industriels europĂ©ens avait vu notre les prĂ©mices dâun champion mondial de lâaviation.
"Forte de son leadership en Europe la France peut impulser un projet Ă la hauteur de lâenjeu : Un EADS de LâIA"
Un plan ambitieux de 100 milliards d'euros sur 10 ans visant Ă financer : les universitĂ©s europĂ©ennes pour qu'elles crĂ©ent des laboratoires spĂ©cialisĂ©s Ă l'image de l'AI Lab universitĂ© du MIT, la crĂ©ation dâune Ă©cole d'intelligence artificielle europĂ©enne Ă l'image de l'Ă©cole 42, la formation de nouveaux profils indispensables : Data scientists ou des knowledge engineers, la formation continue, le dĂ©veloppement de de fabriques Ă Big data. Mais aussi et surtout favoriser une collaboration accrue avec les organismes gouvernementaux, assouplir les rĂ©glementations souvent trop strictes, associer les industriels trĂšs en amont, soutenir des initiatives spĂ©cifiques dans les secteurs des transports, de la santĂ© et encore de lâĂ©nergie, crĂ©er une banque publique dâinvestissement europĂ©enne dĂ©diĂ©e Ă lâIA, prendre en compte les aspects Ă©thiques dĂšs la conception dâun algorithme ou dâune machine intelligente, aider les citoyens Ă mieux comprendre les enjeux lies Ă lâIA ou encore dĂ©velopper une IA qui contribue au bien-ĂȘtre des individus.
L'EUROPE FUTUR LEADER D'UNE IA RESPONSABLE?
L'intelligence artificielle est le grand dĂ©fit du siĂšcle, le retard pris par l'Europe n'est pourtant pas rĂ©dhibitoire. Dans la course effrĂ©nĂ©e Ă lâIA lâingĂ©nierie est reine, car porteuse de la trĂšs convoitĂ©e innovation. Comme souvent cette innovation est associĂ©e aux technologies productives dont le principal objectif reste la compĂ©titivitĂ© et la rentabilitĂ©. Cette vision qui exclut des pans entiers de la sociĂ©tĂ© met en lumiĂšre un processus de relĂ©gation sociale crĂ©ant injustices et fractures sociales. Si la course effrĂ©nĂ©e aux datas â clĂ© de voĂ»te de la rĂ©volution 4.0 â apparaĂźt comme indispensable, un peu partout Ă travers le monde craintes et protestations se font jour concernant la quantitĂ©, la variĂ©tĂ© et la confidentialitĂ© des donnĂ©es collectĂ©es. Facebook est sous le feu des critiques aux Ătats-Unis et en Europe aprĂšs les rĂ©vĂ©lations concernant la sociĂ©tĂ© britannique Cambridge Analytica, qui a exploitĂ© les donnĂ©es de 50 millions dâutilisateurs du rĂ©seau social Ă leur insu. Si la bataille des donnĂ©es semble belle et bien perdue celle de leadership d'une intelligence artificielle responsable est en revanche plus que jamais Ă portĂ©e de main. Tout comme le France a su prendre le leadership mondial sur la climat, Ă la faveur du vide laisser par les Etats-Unis, elle doit au cĂŽtĂ© de l'Europe s'imposer comme le leader d'une IA responsable, Ă©thique, vertueuse et tournĂ©e vers le bien commun. L'Europe doit mettre Ă profit les bienfaits que peuvent apporter lâintelligence artificielle en aidant Ă rĂ©soudre les grands dĂ©fis que sont le changement climatique, l'alimentation, les inĂ©galitĂ©s , la santĂ© et encore lâĂ©ducation. Telle doit ĂȘtre l'engagement de la France et de l'Europe pour que l'outil de notre Ă©mancipation ne devienne pas l'outil de notre servitude.
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Source
1â France IA https://www.economie.gouv.fr/France-IA-intelligence-artificielle
2 â En 24h, Alibaba vend pour un montant Ă©quivalent au PIB du Honduras ou de l'Afghanistan : https://www.huffingtonpost.fr/2017/11/12/en-24h-alibaba-vend-pour-un-montant-equivalent-au-pib-du-honduras-ou-de-lafghanistan_a_23274489/
3 â Tencent un gĂ©ant mondial du jeu vidĂ©o : https://www.breakflip.com/fr/jeux-video/actualites/tencent-un-geant-mondial-du-jeu-video-3925
Steve Moradel
@Stmoradel
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