Ce texte est une traduction libre de l'article en Anglais publié par Myles Snider sur Multicoin Capital intitulé IOTA ($MIOTA) Analysis.
L'IOTA est une monnaie virtuelle dont l'objectif est d'être la moelle épinière des objets connectés autrement appelé internet des objets (Internet of Things - IoT). On vante beaucoup son architecture que nombreux qualifient de "successeur de la blockchain". En effet car bien que l'IOTA partage de nombreuses similitudes avec les projets blockchain, son design fait qu'il ne comprend aucun bloc ni aucune chaîne unique et/ou linéaire. A la place, l'IOTA repose sur un concept que l'on appelle DAG (Directed Acyclic Graph ou Graphe Acyclique Orienté en Français). Cependant, bien que l'IOTA ne soit pas une blockchain à proprement parlé, son DAG est néanmoins un registre public, ouvert (permission-less) et décentralisé (distributed ledger). De part son design unique, il offre de fait certains des avantages des blockchains "traditionnelles".
L'IOTA est apparu en 2014 de façon conceptuelle puis financé en 2015 par David Sønstebø, Sergey Ivancheglo, Dominik Schiener et le Dr. Serguei Popov. La plupart de ses fondateurs travaillaient dans des startups se focalisant sur les objets connectés et c'est ainsi qu'ils se sont rendus compte du peu d'options et des limites actuelles des objets connectés en terme de moyen de paiement "embarqués". Ils ont ainsi crée l'IOTA en réponse à ces problèmes.
Le stock initial d'IOTA (2.779.530.283.277.761 IOTA) a été distribué en 2015 via une ICO qui a levé 1.337 BTC (soit environ $584.000 à l'époque) et dont les fonds ont été versés directement à l'équipe de développement. La quantité d'IOTA en circulation est fixée, il n'y aura ni récompense de minage, ni inflation, ni frais de transaction. A l'heure où nous écrivons ces lignes le projet est développé et géré par une association Berlinoise appelée la IOTA Foundation.
L'architecture de l'IOTA lui confère 4 caracteristiques distinctives :
L’IOTA ambitionne de devenir le fer de lance des paiements pour les objets connectés (IoT). En plus, l’IOTA intègre également d’autres fonctionnalités comme une messagerie sécurisée et une place de marché pour les données. Toutes ces fonctionnalités font parties de la future machine économique imaginée par l’IOTA dans laquelle des millions d’objets connectés s’échangeront des données et des paiements en temps réel. Pour illustrer des cas d’usage cela pourrait aller d’une voiture électrique payant “toute seule” la borne de recharge jusqu’à des stations météo réparties autour du globe, collectant des données et les vendant à des climatologues pour les prévisions météo.
L’intérêt principal de l’IOTA est qu’il est utilisable par des objets connectés de façon embarqué de part son absence totale de frais de transaction ou de paiement. Bien qu’il y ait beaucoup d’applications théoriques potentielles, l’IOTA n'a pour l’instant aucune application concrète. La section “cas pratiques” du site IOTA est d’ailleurs plutôt vague pour l’instant.
Dans certains cas, deux tiers qui n’ont pas de relation de confiance préalable ne voudront surement pas avoir à effectuer des avances de paiement ; à l’inverse s’intégrer dans un flux de paiement permettrait à chaque partie de se retirer de la transaction en cas de soucis sans risquer de perdre l’intégralité de celle-ci. Néanmoins la valeur agglomérée du marché pour ce genre de transaction de faible valeur qui nécessiterait un flux de paiement au lieu de multiples petits paiement est potentiellement assez restreinte et ne nécessite probablement pas assez de friction à l’heure pour justifier que les utilisateurs réels s’intéressent de près à cette nouvelle technologie (l’IOTA).
Il est néanmoins possible que ce marché s’étende car de futurs objets connectés vont peut-être se mettre à vendre directement leurs donnés ou alors que des nouveaux business-model d’entreprise émergent tirant profit des micro-paiements. Mais même en considérant cela, l’IOTA serait en concurrence avec les solutions de second niveau qui apparaissent sur les blockchains actuelles comme par exemple le Lightning Network, Raiden, mais aussi avec des blockchains sans frais comme l'EOS.
Dans son rapport Multicoin lève plusieurs interrogations quand à l’implementation actuelle de l’IOTA qui les rendent assez sceptiques sur les hautes ambitions de la technologie.
L’architecture des Graphes Orientés Acycliques (DAG) est clairement très intéressante et présente une façon originale d’implémenter un registre décentralisé. Multicoin Capital ne pense pas que les DAGs rendront les blockchains obsolètes, ils pensent néanmoins qu’ils offrent certaines fonctionnalités et compromis qui feront d’eux un choix plus adaptés dans certains cas. Comme beaucoup de technologies dans le domaine des registres décentralisés les DAGs sont encore à des stades de développements précoces et restent largement sous testés. Nous sommes cependant impatient de voir des applications concrètes se développer et de nouvelles recherches dans ce secteur.
Bien que l’IOTA soient parmi les premiers à avoir implémentés un DAG au lieu d’une blockchain, nous pensons que les choix techniques effectués par l’IOTA sont hautement préoccupants. Bien que les réseaux basés sur des DAGs puissent occuper une part de choix dans les futurs cryptos écosystèmes, nous avons des réserves sur l’implémentation actuelle du DAG dans le projet IOTA telles qu’énumérées plus haut.
Nous souhaitons le meilleur pour l’IOTA et ses équipes et nous espérons qu’ils seront à même d’arriver à assouvir leurs ambitions car cela représenterait un bond formidable dans l’évolution des objets connectés. Cependant, dans l’état actuel du réseau IOTA, de part les risques substantiels existants dans le réseau actuel et considérant les failles mises en évidence dans le protocol nous pensons donc que la valeur actuelle du réseau IOTA est fortement sur-évaluée !
The post IOTA ($MIOTA) Analysis appeared first on Multicoin Capital. Traduit librement de l'Anglais par Canal Crypto.