Pensées, mots, actions

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Il me confia encore : « Je n’ai alors rien su comprendre ! J’aurais dû la juger sur les actes et non sur les mots. Elle m’embaumait et m’éclairait. Je n’aurais jamais dû m’enfuir ! J’aurais dû deviner sa tendresse derrière ses pauvres ruses. Les fleurs sont si contradictoires ! Mais j’étais trop jeune pour savoir l’aimer. »

Le Petit Prince en parlant de sa rose. - Antoine de Saint Exupéry

Dans quelle mesure cette phrase est-elle vraie ? Je ne sais pas, mais je pense qu'il y a beaucoup de choses vraies, ou plutôt réelles, dans cette phrase. J'ai lu cette phrase ces derniers jours, parmi tant d'autres qui ont été écrites et dites dans une journée où, parfois, nous nous sentons nostalgiques de personnes que nous n'avons pas eu la chance de connaître ou nostalgiques d'époques que nous aurions aimé vivre ; mais au lieu de cela, nous nous retrouvons seulement à lire et à imaginer vivre.

Qu'est-ce qui nous définit ? Qu'est-ce qui nous rend identifiables dans une personnalité ?

Nous ne le saurons peut-être jamais, mais cela vaut la peine d'essayer, au moins pour mieux comprendre ce pour quoi on se souviendra (ou pensera se souvenir) de vous.

Au cours d'une vie, les humeurs alternent, un jour on est heureux, on fait naître de grandes émotions et on a des pensées merveilleuses, parfois même des pensées impossibles ; à d'autres moments, on est une boîte chinoise d'émotions négatives où l'on ouvre la boîte de la tristesse, on trouve celle des pleurs, puis celle de l'insécurité, et ainsi de suite.

Ces deux rives d'une même rivière ont cependant un point commun : ces deux pensées, quelle que soit l'émotion à l'origine de leur déclenchement, peuvent s'étendre et faire n'importe quoi !

Arrêtez-vous maintenant et essayez d'y réfléchir : nous sommes capables de toute sorte de pensée, bonne ou mauvaise, qui serait capable de déclencher on ne sait quelles conséquences si elle était exprimée "physiquement" et pas seulement "mentalement ".

Si nous n'étions que des pensées, nous serions inconscients de nous-mêmes et de toutes les personnes qui nous entourent, ce serait comme marcher bâillonnés, les yeux fermés, dans un labyrinthe de verre : vous marchez, vous vous heurtez peut-être à quelqu'un d'autre et cela vous pousse à continuer, à essayer encore, à vous heurter à nouveau à la même pensée, et si celle-ci m'est opposée, la tension monte et pourrait briser les murs fragiles du labyrinthe.

Au contraire, si deux voyageurs semblables se croisaient, il leur suffirait de peu pour se reconnaître (empathie ? je ne sais pas), mais ils trouveraient rapidement une issue, laissant les murs intacts, comme lorsque la joie rencontre la joie dans notre psyché et nous rend capables, au mépris de tout jugement, de faire ce qui est le plus naturel et le plus juste pour nous à ce moment précis.

Ce qui me semble le plus spontané à dire maintenant, c'est que notre essence est cachée à l'intérieur du labyrinthe de verre, et qu'elle n'en sort que lorsque cette pensée trouve une issue dans une action de la vie réelle, à travers un geste quelconque, qui est mû par cette pensée, peut-être même inconsciente, mais qui reste ainsi.

Après avoir parcouru tout ce chemin, je me demande quelle est la valeur du mot dans tout cela ? Quel poids lui donnons-nous ?

La pensée combinée à l'action agit comme le vin dans un verre ; si elle tombe, elle laisse une marque indélébile, irrémédiable, qu'elle soit positive ou négative.

Notre "marque" est-elle un mélange de pensée et d'action ? La pensée et la parole deviennent-elles action ? Seulement des mots ? Seulement la pensée ?

À chacun son verre.


Photo source : https://www.pexels.com/fr-fr/photo/homme-personne-porter-echarpe-7181787/

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