La bouée de sauvetage

Photo délivrée sous licence gratuite, auteur Janosch Diggelmann

J'étais heureux, j'étais sacrément heureux.
Famille, amis, amour, université, tout allait bien. Chaque matin, je voyais le soleil traverser la vitre de la fenêtre et m'envelopper complètement. Le soleil brillait partout, au-dessus de tout.
Mais le soleil doit se coucher tôt ou tard.
Le soir tombe sur les rêves et les fantasmes,
les sourires s'effacent, et tout devient sombre. Tout est chamboulé, pas d'équilibre, pas de satisfaction.
Ce dans quoi vous avez trouvé votre identité, votre personne, est maintenant un étranger, il ne vous appartient plus.
Une robe moulante dans laquelle vous essayez désespérément de rentrer : ample sur le dessus, elle vous serre en dessous.
Et certaines personnes qui étaient vos rochers prêts à vous soutenir et à vous protéger des vagues voraces de l'océan, se sont maintenant écartées, soudainement, de manière inattendue.
Mais c'est votre faute si vous vous noyez maintenant dans l'eau. Bien sûr, tout le monde veut se noyer ! Ce sentiment est atroce. Vous manquez d'air,
Plus vous respirez, plus vous suffoquez.
Ta bouche est salée et trempée
Vos yeux brûlent.
Vous ne voyez rien.
Vagues
Eau
Vert
Bleu
Le sable déchire votre iris.
Il n'y a personne.
Tu es seul avec les vagues et les requins.
Rien d'autre à faire
Aucune solution
Vos bras s'arrêtent
Vos jambes cessent de trembler
Comme le soleil, le corps se couche dans la mer.

J'entends une voix qui m'appelle, j'essaie d'ouvrir les yeux.
Je n'ai plus de force, je suis détruit, je suis mort à l'intérieur.
Laissez-moi m'enfoncer
Laisse-moi redevenir une épave
Mais la voix n'écoute pas
Je sens quelque chose
Je ressens de la chaleur
Une bouée de sauvetage m'enveloppe et d'une étreinte me ramène à la surface.
Comme le soleil, le corps se lève.

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